En bref : les revenus et plus-values de placements financiers sont imposés par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU), qui additionne une part d'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. Le contribuable peut lui préférer le barème progressif. Certaines enveloppes — PEA, assurance-vie, PER — allègent fortement cette fiscalité en contrepartie de contraintes de durée ou de supports.
Définition : le PFU, régime par défaut
Depuis 2018, les revenus du capital ne sont plus imposés au barème progressif par principe, mais à un taux forfaitaire unique, quel que soit le niveau de revenu : c'est le prélèvement forfaitaire unique (PFU), surnommé flat tax. Il s'applique aux dividendes, aux intérêts et aux plus-values de cession de valeurs mobilières.
PFU = 31,4 % (dernière évolution : 1er janvier 2026), soit 12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux.
Exception à 30 % — prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % — pour l'assurance-vie, les PEL, CEL et PEP, les revenus fonciers et les plus-values immobilières.
Les taux et seuils fiscaux évoluent à chaque loi de finances : vérifiez la valeur en vigueur à la date de votre examen.
Le PFU est en principe prélevé à la source par l'établissement payeur, sous forme d'acompte, puis régularisé lors de la déclaration de revenus.
Comment ça marche : PFU ou barème ?
Le contribuable peut renoncer au PFU et opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Trois caractéristiques de cette option sont régulièrement testées : elle est expresse (il faut la demander), annuelle et surtout globale — elle s'applique à tous les revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l'année, sans possibilité de panacher.
| PFU | Barème progressif sur option | |
|---|---|---|
| Taux d'impôt sur le revenu | Forfaitaire (12,8 %) | Tranche marginale du foyer (0 % à 45 %) |
| Abattement de 40 % sur dividendes | Non | Oui |
| CSG partiellement déductible | Non | Oui |
| Intéressant pour… | les tranches élevées | les foyers peu ou pas imposés |
Dans tous les cas, les prélèvements sociaux restent dus : l'option ne porte que sur la part d'impôt sur le revenu.
Comment ça marche : les enveloppes fiscales
Une enveloppe est un contenant qui abrite des placements et leur applique une fiscalité propre, généralement plus douce, en échange de contraintes. Les trois à maîtriser :
- Le PEA — plafond de versements de 150 000 € (dernière évolution : loi PACTE, 2019), investissement limité aux actions européennes et aux fonds éligibles. Aucune imposition tant qu'il n'y a pas de retrait ; après 5 ans, les retraits sont exonérés d'impôt sur le revenu et ne supportent plus que les prélèvements sociaux. Un retrait avant 5 ans entraîne en principe la clôture du plan.
- L'assurance-vie — pas de plafond de versement, capitalisation non imposée pendant la vie du contrat, fiscalité réduite sur les gains après 8 ans avec un abattement annuel (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple). Elle offre en outre un régime successoral spécifique très favorable pour les primes versées avant 70 ans.
- Le PER — les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans certaines limites, en contrepartie d'un blocage jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé, dont l'achat de la résidence principale). L'imposition intervient à la sortie.
Le compte-titres ordinaire, lui, n'est pas une enveloppe fiscale : il accepte tous les instruments, sans plafond, mais chaque revenu et chaque plus-value sont imposés l'année de leur réalisation.
Un client vend des actions détenues sur un compte-titres et dégage 10 000 € de plus-value. Au PFU, il paie 3 140 € et conserve 6 860 €.
La même plus-value réalisée dans un PEA de plus de 5 ans ne supporte que les prélèvements sociaux, soit 1 860 € : il conserve 8 140 €, près de 1 300 € de plus pour une opération identique. Le prix de cet avantage : un univers restreint aux actions européennes et un capital immobilisé cinq ans. C'est exactement l'arbitrage qu'un conseiller doit exposer, sans jamais présenter l'enveloppe comme un simple « produit défiscalisé ».
Deux impôts à ne pas oublier
- La taxe sur les transactions financières (TTF) : 0,4 % (dernière évolution : 1er avril 2025) sur l'achat d'actions de sociétés françaises dont la capitalisation dépasse 1 milliard d'euros. Elle frappe l'achat, pas la vente.
- L'impôt sur la fortune immobilière (IFI) : dû au-delà d'un patrimoine immobilier net de 1,3 M€ (dernière évolution : 2018). Il ne concerne que l'immobilier — les portefeuilles de valeurs mobilières en sont exclus, ce qui est un piège classique.
Côté entreprises, retenez l'impôt sur les sociétés : 25 % au taux normal, 15 % pour les PME jusqu'à 42 500 € de bénéfice.
Attention à la posture : le conseiller informe sur le cadre fiscal d'un produit, il ne fait pas de conseil fiscal personnalisé, activité réglementée. Et la fiscalité ne doit jamais devenir le motif principal d'une recommandation : le produit doit d'abord être adéquat au profil du client.
- PFU = 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) depuis le 1er janvier 2026 ; 30 % (PS 17,2 %) pour assurance-vie, PEL/CEL/PEP, revenus fonciers et plus-values immobilières.
- L'option pour le barème est expresse, annuelle et globale ; elle ouvre l'abattement de 40 % sur dividendes et la CSG déductible.
- Les prélèvements sociaux sont dus dans tous les cas.
- PEA : plafond 150 000 €, actions européennes, exonération d'IR après 5 ans (PS dus).
- Assurance-vie : fiscalité allégée après 8 ans + abattement annuel 4 600 / 9 200 €.
- PER : versements déductibles, capital bloqué jusqu'à la retraite.
- TTF 0,4 % à l'achat · IFI au-delà de 1,3 M€, immobilier uniquement · IS 25 % / 15 % PME.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le prélèvement forfaitaire unique ?
Le prélèvement forfaitaire unique, ou flat tax, est le régime par défaut d'imposition des revenus et plus-values de placements financiers. Il se décompose en une part d'impôt sur le revenu et une part de prélèvements sociaux, appliquées à un taux forfaitaire quel que soit le niveau de revenu du contribuable. Le contribuable peut y renoncer et opter pour le barème progressif, mais cette option est globale et concerne l'ensemble de ses revenus de capitaux mobiliers de l'année.
Faut-il choisir le PFU ou le barème progressif ?
Le barème progressif est en général plus favorable aux contribuables faiblement imposés, dont la tranche marginale est inférieure au taux d'impôt sur le revenu contenu dans le PFU, et il ouvre droit à l'abattement de quarante pour cent sur les dividendes ainsi qu'à la déductibilité partielle de la CSG. Le PFU est préférable aux contribuables des tranches les plus élevées. L'option pour le barème est annuelle, expresse et globale : elle s'applique à tous les revenus concernés de l'année.
Pourquoi le PEA est-il fiscalement avantageux ?
Au sein d'un PEA, les dividendes et plus-values ne sont pas imposés tant qu'aucun retrait n'est effectué : les gains se réinvestissent en franchise d'impôt. Après cinq ans de détention, les retraits sont exonérés d'impôt sur le revenu et ne supportent plus que les prélèvements sociaux. En contrepartie, l'univers d'investissement est restreint aux actions européennes et aux fonds qui y sont majoritairement investis, et les versements sont plafonnés.
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