Les offres publiques — OPA, OPE, OPR — sont au cœur de la vie des sociétés cotées et de la mission de l'AMF. Lorsqu'un acteur cherche à prendre le contrôle d'une entreprise en Bourse, il doit passer par des règles précises destinées à protéger les actionnaires minoritaires. Ces mécanismes, avec leurs seuils chiffrés, sont un terrain de questions fréquent à l'examen AMF.

Cet article clarifie les différents types d'offres publiques, les seuils déclencheurs, le rôle de l'AMF et les principes de prix qui protègent les actionnaires.

OPA, OPE : de quoi parle-t-on

Une OPA (offre publique d'achat) est une opération par laquelle un initiateur propose publiquement aux actionnaires d'une société cotée de racheter leurs actions, généralement en numéraire (en espèces), à un prix déterminé. L'objectif est le plus souvent de prendre le contrôle de la société cible.

Une OPE (offre publique d'échange) suit la même logique, mais l'initiateur propose de rémunérer les actionnaires en leur remettant ses propres titres plutôt que de l'argent. Il existe aussi des offres mixtes, combinant numéraire et titres. La distinction OPA / OPE tient donc au mode de paiement — le repérer suffit souvent à répondre à la question.

Ces opérations portent sur des actions, dont il faut bien connaître les droits par rapport aux obligations, notamment le droit de vote qui confère le contrôle.

Le seuil d'offre obligatoire de 30 %

C'est le chiffre à retenir en priorité. En France, toute personne qui franchit, seule ou de concert, le seuil de 30 % du capital ou des droits de vote d'une société cotée est tenue de déposer une offre publique visant la totalité du capital. On parle d'offre obligatoire.

Ce mécanisme est une protection essentielle : il empêche qu'un actionnaire prenne discrètement le contrôle sans laisser aux minoritaires la possibilité de sortir. Ces derniers peuvent ainsi vendre leurs titres aux mêmes conditions que celles offertes pour prendre le contrôle. C'est une application directe du principe d'égalité de traitement des actionnaires.

Seuil de 30 %, retrait obligatoire à 90 %, distinction OPA/OPE : ces repères chiffrés se mémorisent par la répétition. Testez-vous sur les QCM de Deck Finance.

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Le rôle de l'AMF et le prix de l'offre

Toute offre publique se déroule sous le contrôle de l'AMF, qui vérifie la conformité et la recevabilité de l'offre, ainsi que la qualité de l'information délivrée aux actionnaires. L'AMF veille en particulier à ce que le prix proposé soit équitable.

Sur ce point, une règle importante : le prix d'une offre obligatoire doit être au moins égal au prix le plus élevé payé par l'initiateur pour acquérir des titres de la cible au cours des douze derniers mois. Cette exigence évite qu'un actionnaire de contrôle ne bénéficie de conditions plus avantageuses que les autres.

L'AMF vérifie aussi que l'information diffusée pendant l'offre est exacte, précise et sincère, et que les deux camps — l'initiateur comme la société cible — s'expriment loyalement. Une offre publique génère par nature des informations sensibles susceptibles d'influencer le cours : le respect des règles sur l'information privilégiée et son encadrement à l'examen AMF y est donc particulièrement surveillé. La période d'offre est un moment où le risque d'abus de marché est élevé.

L'OPR et le retrait obligatoire à 90 %

L'OPR (offre publique de retrait) intervient lorsqu'un actionnaire majoritaire souhaite racheter les titres restants pour retirer la société de la cote. Elle est étroitement liée au retrait obligatoire, souvent appelé squeeze-out.

Le seuil clé est ici de 90 % : lorsque, à l'issue d'une offre, l'initiateur détient plus de 90 % du capital et des droits de vote, il peut demander à l'AMF la mise en œuvre d'un retrait obligatoire. Les actionnaires minoritaires restants sont alors indemnisés à un prix contrôlé, déterminé sous la supervision de l'AMF, et la société quitte définitivement la Bourse.

Pour garantir l'équité de ce retrait, l'AMF exige généralement l'intervention d'un expert indépendant chargé d'attester que le prix proposé est équitable pour les minoritaires. Le retrait obligatoire est en effet une mesure forte, puisqu'elle contraint les derniers actionnaires à céder leurs titres. C'est pourquoi la loi entoure la procédure de garanties strictes : le prix ne peut être inférieur à celui de l'offre initiale, et il doit refléter la valeur réelle de la société.

Comment retenir ce thème sans se tromper

Pour ne pas confondre les notions, gardez en tête deux séries de repères. D'abord, le type d'offre selon le paiement :

Ensuite, les deux seuils : 30 % déclenche l'offre obligatoire, 90 % ouvre la voie au retrait obligatoire. Avec ces repères et le principe d'égalité de traitement des actionnaires, vous couvrez l'essentiel des questions d'examen sur les offres publiques.