En bref : une obligation est un titre de créance — autrement dit un prêt. En en achetant une, vous prêtez de l'argent à un émetteur (un État ou une entreprise). En échange, il vous verse un intérêt régulier (le coupon) et vous rembourse le montant prêté (le nominal) à une date fixée (l'échéance). C'est moins risqué qu'une action, mais pas sans risque.
Le vocabulaire de base
- Émetteur — celui qui emprunte (État, collectivité, entreprise) ;
- Nominal (ou valeur faciale) — le montant emprunté, remboursé à la fin ;
- Coupon — l'intérêt versé au porteur, souvent chaque année ;
- Maturité (ou échéance) — la date à laquelle l'émetteur rembourse le nominal.
Contrairement au dividende de l'action, le coupon est un engagement contractuel : l'émetteur doit le payer. C'est pour cela qu'une obligation est considérée comme plus prudente qu'une action.
Action ou obligation : le tableau clé
| Action | Obligation | |
|---|---|---|
| Nature | Titre de capital | Titre de créance |
| Statut | Propriétaire (actionnaire) | Prêteur (créancier) |
| Revenu | Dividende (non garanti) | Coupon (contractuel) |
| En cas de faillite | Remboursé en dernier | Remboursé avant l'actionnaire |
| Risque | Élevé | Plus modéré |
Les deux risques à connaître
1. Le risque de taux. C'est le plus piégeux à l'examen : le prix d'une obligation évolue en sens inverse des taux d'intérêt. Si les taux du marché montent, votre vieille obligation à coupon fixe devient moins intéressante que les nouvelles — pour la revendre, vous devez baisser son prix. Si les taux baissent, c'est l'inverse : votre obligation prend de la valeur.
2. Le risque de crédit (ou de défaut). C'est le risque que l'émetteur ne rembourse pas. On le mesure avec les notations des agences (de AAA, très sûr, à D, en défaut). Plus l'émetteur est risqué, plus il doit offrir un taux élevé pour attirer les prêteurs.
Karim achète une obligation de 1 000 € (nominal) à 3 % sur 5 ans. Il touche 30 € de coupon chaque année, et récupère ses 1 000 € à l'échéance. Mais un an plus tard, les taux montent et les nouvelles obligations rapportent 5 %. La sienne, à 3 %, n'intéresse plus personne à 1 000 € : s'il veut la revendre avant l'échéance, il devra accepter un prix plus bas. S'il la garde jusqu'au bout, il récupère bien ses 1 000 € (sauf défaut de l'émetteur).
- Obligation = titre de créance → on est prêteur, pas propriétaire.
- Coupon = intérêt contractuel ; nominal = capital remboursé à l'échéance.
- Risque de taux : prix et taux évoluent en sens inverse.
- Risque de crédit : mesuré par la notation (AAA → D).
- En cas de faillite, l'obligataire est remboursé avant l'actionnaire.
Questions fréquentes
Une obligation, c'est vraiment sans risque ?
Non. C'est plus prudent qu'une action, mais il reste le risque de taux (si on revend avant l'échéance) et le risque de défaut de l'émetteur.
Que veut dire « le prix varie en sens inverse des taux » ?
Quand les taux du marché montent, les anciennes obligations à taux plus faible perdent de la valeur, et inversement.
Comment savoir si un émetteur est fiable ?
On regarde sa notation (rating) : de AAA (très sûr) à D (défaut). Plus la note est basse, plus le taux offert est élevé pour compenser le risque.
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