En bref : un produit dérivé est un contrat dont la valeur « dérive » de celle d'un autre actif, le sous-jacent (une action, un indice, une devise, une matière première…). On ne possède pas le sous-jacent : on parie sur son évolution ou on s'en sert pour se protéger. Grâce à l'effet de levier, une petite mise contrôle une grosse position — ce qui amplifie autant les gains que les pertes.
Le principe : la valeur dépend d'un sous-jacent
Un dérivé n'a pas de valeur « en soi ». Elle découle de celle du sous-jacent. Si vous détenez un dérivé sur l'action Total, sa valeur bougera selon le cours de l'action Total — sans que vous déteniez l'action elle-même.
Trois usages à connaître
- La couverture (hedging) — se protéger contre une variation défavorable. C'est la fonction d'origine des dérivés. Exemple : un agriculteur fixe aujourd'hui le prix de vente de son blé pour l'an prochain ;
- La spéculation — parier sur une hausse ou une baisse pour gagner de l'argent ;
- L'arbitrage — profiter d'un écart de prix entre deux marchés.
Les principaux types
- Les contrats à terme — un engagement d'acheter ou vendre le sous-jacent à une date future, à un prix fixé aujourd'hui. Standardisés et négociés en bourse, on parle de futures ; de gré à gré, de forwards ;
- Les options — le droit (mais pas l'obligation) d'acheter (option call) ou de vendre (option put) le sous-jacent à un prix fixé, contre le paiement d'une prime ;
- Les swaps — un contrat d'échange de flux financiers entre deux parties (par exemple échanger un taux fixe contre un taux variable).
Option = optionnel. Le moyen mnémotechnique : avec une option, on a le choix d'exercer ou non (on ne perd au pire que la prime). Avec un contrat à terme, on est engagé : on doit exécuter.
L'effet de levier : l'arme à double tranchant
Avec un dérivé, une petite mise permet de contrôler une position bien plus grande. C'est l'effet de levier. Si le marché va dans votre sens, le gain est démultiplié. Mais s'il va contre vous, la perte l'est aussi — et elle peut dépasser votre mise de départ. C'est ce qui fait des dérivés des instruments complexes et risqués, réservés aux investisseurs avertis.
Couverture. Une compagnie aérienne craint une hausse du prix du kérosène. Elle achète aujourd'hui un contrat qui fige le prix pour l'an prochain. Si le pétrole flambe, elle est protégée ; s'il baisse, elle aura payé un peu cher sa tranquillité. Le dérivé lui a servi d'assurance, pas de pari.
- Dérivé = contrat dont la valeur dépend d'un sous-jacent.
- 3 usages : couverture, spéculation, arbitrage.
- Types : contrats à terme (futures/forwards), options (call/put + prime), swaps.
- Option = un droit (on peut renoncer) ; contrat à terme = un engagement.
- Effet de levier : amplifie gains ET pertes ; la perte peut dépasser la mise.
Questions fréquentes
Un dérivé, c'est forcément spéculatif ?
Non. À l'origine, il sert à se couvrir (se protéger d'un risque de prix). La spéculation n'est qu'un usage parmi trois.
Quelle différence entre un future et une option ?
Le future engage à exécuter l'opération. L'option donne seulement le droit de le faire : on peut y renoncer en perdant au maximum la prime.
Peut-on perdre plus que sa mise ?
Oui, à cause de l'effet de levier. C'est pourquoi ces produits sont considérés comme complexes et risqués.
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