Les types de risques financiers : un incontournable de l'examen AMF
Comprendre les différents types de risques financiers est un passage obligé de la certification AMF. L'examen attend du candidat qu'il sache nommer chaque risque, le définir en une phrase et l'associer au bon instrument financier. Une question typique vous demandera, par exemple, quel risque pèse principalement sur un détenteur d'obligations, ou ce qui distingue un fonds noté 6 d'un fonds noté 2 sur l'échelle de risque.
La logique est toujours la même : à tout placement correspond un ou plusieurs risques, et c'est le devoir du professionnel de les identifier avant de conseiller un client. Le Règlement général de l'AMF impose d'ailleurs aux sociétés de gestion d'évaluer l'exposition de leurs fonds au risque de marché, au risque de liquidité, au risque de contrepartie et au risque opérationnel. On retrouve exactement cette grille de lecture dans les questions d'examen.
Avant d'entrer dans le détail, gardez en tête une distinction utile : certains risques viennent des marchés (les cours bougent), d'autres des contreparties (quelqu'un fait défaut), d'autres encore du fonctionnement interne de l'établissement. Cette cartographie structure toute la suite.
Le risque de marché : taux, change et prix
Le risque de marché est le risque de perte lié à la variation des cours des actifs détenus en portefeuille. C'est le risque le plus intuitif : la valeur d'un titre monte ou descend au gré de l'offre et de la demande. L'examen attend surtout que vous sachiez le décomposer en trois sous-catégories.
- Le risque de taux : la valeur d'une obligation à taux fixe baisse quand les taux d'intérêt montent, et inversement. C'est le risque central des placements obligataires.
- Le risque de change : un investissement libellé en devise étrangère (dollar, yen…) subit les variations du taux de change lors de la conversion en euros.
- Le risque de prix (ou risque action) : la valeur d'une action, d'un indice ou d'une matière première fluctue en fonction du marché.
Le risque de marché explique pourquoi une action est plus volatile qu'une obligation d'État. Pour réviser la nature de ces supports et bien distinguer titres de capital et titres de créance, appuyez-vous sur notre guide des instruments financiers au programme de l'examen AMF.
Le risque de crédit et le risque de contrepartie
Le risque de crédit est le risque qu'un émetteur ne rembourse pas sa dette : c'est le risque de défaut. Un détenteur d'obligations est directement exposé à ce risque — si l'émetteur fait faillite, le coupon et le remboursement du nominal peuvent être perdus, en tout ou partie. Les agences de notation (Moody's, S&P, Fitch) traduisent ce risque en notes, de AAA (sécurité maximale) à D (défaut avéré).
Le risque de contrepartie est une variante plus fine, souvent piège à l'examen. Il désigne le risque qu'une partie à une opération de marché ne tienne pas ses engagements avant le dénouement de l'opération. Il concerne typiquement les produits dérivés négociés de gré à gré (OTC), où aucune chambre de compensation ne s'interpose entre les parties.
À retenir : le risque de crédit vise le défaut d'un emprunteur / émetteur (une obligation) ; le risque de contrepartie vise le défaut d'une partie à une transaction (un swap OTC). Le second est une forme spécialisée du premier.
Le risque de liquidité et le risque opérationnel
Le risque de liquidité est l'impossibilité de vendre un actif rapidement sans consentir une forte décote, faute d'acheteurs ou de volume suffisant. Une action du CAC 40 se vend en une seconde à un prix connu ; une action non cotée, une part de SCPI ou un immeuble sont bien plus difficiles à céder. Pour un fonds, l'AMF définit ce risque comme une inadéquation entre la liquidité des actifs détenus et les conditions de rachat offertes aux investisseurs — un sujet sensible pour les fonds ouverts investis en actifs peu liquides. On le retrouve dans la gestion collective, un thème détaillé dans notre article sur la différence entre OPCVM et FIA.
Le risque opérationnel, lui, ne vient pas des marchés mais du fonctionnement interne de l'établissement. Il regroupe les pertes provoquées par des défaillances de procédures, des pannes de systèmes informatiques, des erreurs humaines, des fraudes ou des événements externes. Une erreur de saisie d'ordre, une cyberattaque ou un contrôle interne défaillant relèvent tous du risque opérationnel. Les prestataires doivent le maîtriser par des procédures et des contrôles adaptés.
Ces deux risques complètent la cartographie. À l'examen, sachez les reconnaître à partir d'un exemple concret : « un back-office se trompe dans le règlement d'une transaction » relève du risque opérationnel, pas du risque de marché.
Mesurer le risque : volatilité, SRRI et couple rendement-risque
Identifier les risques ne suffit pas : il faut savoir les mesurer. La volatilité — l'amplitude des variations de cours — est la mesure la plus courante du risque de marché. Plus un actif est volatil, plus son cours peut s'écarter fortement, à la hausse comme à la baisse.
Pour rendre ce niveau de risque lisible par un particulier, la réglementation a créé un indicateur synthétique. Le SRRI (indicateur synthétique de risque et de rendement) est une échelle de 1 à 7 : 1 correspond au risque le plus faible, 7 au plus élevé. Il figurait historiquement dans le DICI (Document d'informations clés pour l'investisseur) de chaque OPCVM et se calcule à partir de la volatilité observée du fonds. Attention au piège classique : le niveau 1 ne signifie jamais « sans risque ».
Bon à savoir : depuis 2023 et la réglementation PRIIPs, le SRRI est remplacé pour de nombreux produits par le SRI (indicateur synthétique de risque), lui aussi noté de 1 à 7, qui combine risque de marché et risque de crédit dans le nouveau Document d'informations clés (DIC).
Enfin, ces indicateurs illustrent une loi fondamentale de la finance : le couple rendement-risque. Il n'existe pas de rendement élevé sans risque élevé ; un placement qui promet une performance supérieure sans risque accru doit éveiller la méfiance. Cette logique prudentielle prolonge celle des ratios de solvabilité bancaires, que nous détaillons dans notre article sur le ratio de solvabilité et Bâle III à l'examen AMF.
Les questions sur les types de risques et le SRRI reviennent régulièrement à l'examen AMF. Deck Finance vous entraîne sur ces notions avec des explications claires et un algorithme de répétition espacée pour les ancrer durablement.
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