En bref : le cours d'un titre n'est fixé par personne. Il résulte de la confrontation des ordres d'achat et de vente dans le carnet d'ordres, selon deux règles : priorité au prix, puis au temps. Selon la liquidité du titre, cette confrontation se fait en continu (en permanence) ou au fixing (à heures fixes).

Le carnet d'ordres : le cœur du système

Le carnet d'ordres est la liste, en temps réel, de tous les ordres en attente sur un titre. Il se lit en deux colonnes : à gauche les acheteurs avec leurs prix, à droite les vendeurs avec les leurs.

C'est tout. Le cours affiché n'est rien d'autre que le prix de la dernière transaction.

Les règles de confrontation

Deux règles, toujours dans cet ordre :

Ces règles sont automatiques et identiques pour tous : c'est ce qui garantit l'égalité de traitement des investisseurs sur un marché organisé.

Cotation en continu ou au fixing

ModeFonctionnementPour quels titres
En continuChaque ordre compatible s'exécute immédiatement ; le cours varie en permanence pendant la séanceValeurs liquides, fortement échangées
Au fixingLes ordres s'accumulent puis sont confrontés en une seule fois à heure fixe, pour un cours uniqueValeurs peu liquides (1 ou 2 fixings par jour)

Le fixing dégage le cours qui permet d'échanger le plus grand nombre de titres possible. Il présente un avantage sur les valeurs peu traitées : en concentrant les ordres, il évite des cours erratiques établis sur quelques transactions isolées. À noter : même les valeurs cotées en continu commencent et terminent la séance par un fixing d'ouverture et un fixing de clôture.

Réservation et suspension

Le prix ne peut pas partir dans n'importe quelle direction sans garde-fou. Deux mécanismes protègent le marché — à ne pas confondre :

À ne pas confondre : la réservation réagit à un mouvement de prix (mécanisme automatique, court) ; la suspension réagit à une information (décision, plus longue). Question de distinction fréquente.

Exemple concret

Le carnet affiche 12 acheteurs au mieux à 20,10 € et un vendeur à 20,15 €. Fourchette : 5 centimes, titre liquide. Un acheteur pressé passe un ordre au marché : il paie 20,15 €, et le cours devient 20,15 €.

À 14 h, la société annonce un avertissement sur ses résultats. Les vendeurs affluent, le cours décroche et sort de la fourchette de variation autorisée : la cotation est réservée quelques minutes, puis reprend à un cours nettement plus bas. Personne n'a « décidé » ce prix : il n'y a plus d'acheteurs aux niveaux précédents.

À retenir pour l'examen

Questions fréquentes

Une fourchette large, qu'est-ce que ça signifie ?

Que le titre est peu liquide : acheteurs et vendeurs sont loin de s'entendre et les échanges sont rares. Conséquence pratique : le coût implicite d'un aller-retour est plus élevé, et un ordre au marché peut s'exécuter à un prix décevant.

Pourquoi certaines valeurs ne cotent-elles qu'une ou deux fois par jour ?

Parce qu'elles sont trop peu échangées pour une cotation en continu. Le fixing regroupe les ordres de la journée et les confronte en une fois, ce qui donne un cours plus représentatif que quelques transactions dispersées.

Qui peut suspendre la cotation d'un titre ?

L'entreprise de marché, souvent à la demande de l'émetteur qui doit diffuser une information sensible, et l'AMF. L'objectif est toujours le même : garantir que tous les investisseurs disposent de la même information avant de traiter.

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